lundi, janvier 12, 2026

Frais de succession, découvert, incidents de paiement : ce que votre banque peut vraiment vous facturer

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Chaque année, les Français dépensent en moyenne 190 euros en frais bancaires. Certains dépassent largement cette moyenne, notamment lors d’incidents de paiement ou de situations exceptionnelles comme une succession. Entre commissions d’intervention, agios et frais de tenue de compte, les établissements bancaires appliquent une tarification complexe, parfois opaque. La bonne nouvelle ? Ces frais sont encadrés par la loi et peuvent être négociés, voire évités.

Quels sont réellement les frais que votre banque peut vous facturer légalement ? Comment distinguer les charges justifiées des pratiques abusives ? Quels recours avez-vous face à une facturation excessive ?

Cet article vous explique en détail les principaux postes de dépenses bancaires : les frais liés aux successions, les coûts du découvert autorisé ou non, et l’ensemble des incidents de paiement. Vous découvrirez ensuite comment comparer les tarifs entre établissements et réduire votre facture bancaire. Enfin, nous vous guiderons pas à pas pour négocier avec votre conseiller et choisir une banque adaptée à votre profil.

Les frais bancaires légaux : ce que dit la réglementation

La tarification bancaire en France obéit à un cadre légal strict, notamment depuis la loi Macron de 2015 et les mesures de protection des clients fragiles. Comprendre ces règles vous permet de mieux contrôler vos dépenses et d’identifier rapidement les éventuelles anomalies sur vos relevés.

Les banques françaises doivent respecter des plafonds tarifaires pour certaines opérations, particulièrement les incidents de paiement. La commission d’intervention, qui sanctionne un paiement malgré une insuffisance de provision, ne peut excéder 8 euros par opération, avec un maximum de 80 euros par mois. Pour les clients en situation de fragilité financière, ces montants sont divisés par deux : 4 euros par opération et 20 euros mensuels maximum.

Les frais de tenue de compte constituent une autre source de revenus pour les établissements. Contrairement à une idée reçue, ils ne sont pas obligatoires : la banque doit les mentionner explicitement dans votre convention de compte. De nombreuses néobanques proposent des comptes sans frais de tenue, une alternative intéressante pour réduire sa facture annuelle. Les banques traditionnelles facturent généralement entre 20 et 50 euros par an pour ce service.

Tableau récapitulatif des principaux frais bancaires réglementés en 2025

Type de frais Plafond légal standard Plafond client fragile
Commission d’intervention (par opération) 8 euros 4 euros
Commission d’intervention (par mois) 80 euros 20 euros
Frais de rejet de prélèvement 20 euros 10 euros
Frais de rejet de chèque 50 euros 30 euros
Lettre d’information pour chèque sans provision 30 euros 30 euros

La différence entre frais bancaires et cotisation bancaire mérite d’être clarifiée.

Les frais bancaires sont des charges ponctuelles liées à une opération spécifique :

  • virement international ;
  • émission d’un chèque de banque ;
  • incident de paiement.

La cotisation bancaire désigne un abonnement mensuel ou annuel donnant accès à des services :

  • carte bancaire ;
  • assurances incluses ;
  • découvert autorisé.

Cette distinction est importante pour analyser correctement votre relevé et identifier les postes où vous pouvez économiser.

Concernant les frais de succession, les banques appliquent des tarifs variables selon les opérations nécessaires : recherche des comptes du défunt, blocage puis déblocage des avoirs, clôture de compte. Ces frais ne sont pas plafonnés par la loi mais doivent figurer dans la plaquette tarifaire de votre établissement. Certaines banques facturent forfaitairement entre 150 et 500 euros pour l’ensemble de la procédure, d’autres détaillent chaque intervention.

Infographie comparative des trois types de frais bancaires succession découvert incidents
Les trois principales catégories de frais bancaires qui impactent le budget des Français en 2025

Découvert, incidents de paiement : analyse des situations à risque

Le découvert bancaire représente la première source de frais pour de nombreux ménages français. Distinguons d’abord le découvert autorisé du découvert non autorisé, deux situations aux conséquences financières très différentes.

Le découvert autorisé est un crédit renouvelable négocié avec votre banque, généralement plafonné entre 300 et 3000 euros selon votre profil. Il génère des agios, calculés à partir d’un taux d’intérêt annuel appliqué au montant et à la durée du découvert. En 2025, ce taux oscille entre 7 et 16 % selon les établissements. Les agios sont prélevés trimestriellement, avec un minimum de perception souvent fixé entre 5 et 10 euros.

Le découvert non autorisé survient lorsque vous dépassez votre autorisation ou que votre compte n’en possède pas.

Les conséquences sont beaucoup plus lourdes :

  • taux d’intérêt majoré (jusqu’à 20 %) ;
  • commissions d’intervention systématiques ;
  • risque de rejet de vos opérations.

Certaines banques appliquent également des frais de forçage, facturant le simple fait de tolérer un dépassement temporaire.

Les incidents de paiement regroupent plusieurs situations distinctes, chacune générant des frais spécifiques. Le rejet de prélèvement, limité à 20 euros pour un client standard et 10 euros pour un client fragile, survient quand votre compte ne dispose pas de la provision nécessaire.

Le rejet de chèque entraîne des sanctions plus sévères : jusqu’à 50 euros de frais, une lettre d’information facturée 30 euros supplémentaires, et l’inscription au Fichier Central des Chèques (FCC) pendant cinq ans minimum.

Répartition des frais bancaires incidents (en %)
Commission d’intervention 35 %
35 %
Frais de découvert 30 %
30 %
Rejets de prélèvement 20 %
20 %
Rejets de chèque 10 %
10 %
Autres frais 5 %
5 %

Prenons un exemple concret. Marie, salariée avec un revenu mensuel de 2200 euros, connaît un mois difficile avec plusieurs imprévus. Son compte présente un solde négatif de 350 euros pendant 12 jours, sans autorisation de découvert. Sa banque lui facture : 45 euros d’agios (taux de 18 % annuel), quatre commissions d’intervention à 8 euros chacune (32 euros), et deux rejets de prélèvement à 20 euros pièce (40 euros). Total : 117 euros de frais pour un découvert de 350 euros. Si Marie avait négocié un découvert autorisé, elle aurait payé uniquement les agios, soit environ 6 euros.

Personne satisfaite consultant son application bancaire après réduction des frais
Reprendre le contrôle de ses frais bancaires permet de dégager une épargne significative chaque année

Les banques en ligne et néobanques adoptent souvent une politique plus souple. Qonto pour les professionnels ou Bunq pour les particuliers proposent des alertes en temps réel et des systèmes de prévention des incidents. Certaines offres incluent même un découvert autorisé gratuit jusqu’à un certain montant, transformant radicalement l’équation financière.

La comparaison entre établissements révèle des écarts considérables. Une étude menée en 2024 montre que pour un profil identique (découvert de 500 euros pendant 15 jours, deux rejets de prélèvement), la facture varie de 38 euros dans une néobanque à 142 euros dans certaines banques traditionnelles. Ce rapport de un à quatre justifie pleinement une analyse détaillée avant de choisir sa banque en ligne.

Voici une visualisation des coûts moyens par type d’incident

Coût moyen des incidents bancaires en 2025

8€
Commission d’intervention
20€
Rejet de prélèvement
50€
Rejet de chèque
117€
Facture moyenne mensuelle (incidents multiples)

Réduire vos frais bancaires : le guide d’action

Agir concrètement pour diminuer votre facture bancaire nécessite une démarche structurée en plusieurs étapes. Voici la méthode à suivre pour optimiser vos dépenses.

Analyser vos relevés sur six mois

Commencez par télécharger vos six derniers relevés bancaires au format PDF depuis votre espace client.

Créez un tableau récapitulatif des frais prélevés :

  • date ;
  • nature ;
  • montant.

Cette analyse révèle vos postes de dépenses prioritaires et la fréquence des incidents.

De nombreux clients découvrent à cette occasion des frais récurrents qu’ils ne soupçonnaient pas :

  • cotisation carte non utilisée ;
  • assurance moyens de paiement redondante ;
  • abonnement à des services numériques oubliés.

Négocier avec votre conseiller bancaire

Prenez rendez-vous avec votre conseiller muni de votre analyse chiffrée. Argumentez factuellement : ancienneté de la relation, régularité de vos revenus, absence d’incidents récents. Demandez explicitement la suppression des frais de tenue de compte, l’augmentation de votre découvert autorisé si nécessaire, ou la réduction du taux d’agios. Les banques disposent de marges de manœuvre importantes, particulièrement pour fidéliser les bons clients. N’hésitez pas à mentionner les offres concurrentes que vous avez repérées.

Comparer les offres du marché

Utilisez les comparateurs en ligne pour identifier les établissements adaptés à votre profil. Les néobanques offrent généralement des tarifs très compétitifs pour les usages courants. Si vous voyagez fréquemment à l’étranger, Wise propose des virements internationaux jusqu’à huit fois moins chers que les banques traditionnelles. Pour épargner parallèlement, Distingo combine compte courant et livret d’épargne rémunérateur.

Mettre en place des alertes préventives

Activez les notifications de solde sur votre application bancaire. Configurez des alertes dès que votre compte descend sous un seuil critique, typiquement 200 euros. Cette vigilance évite les mauvaises surprises et vous laisse le temps de réagir avant un incident de paiement. Certaines applications tierces proposent même une catégorisation automatique de vos dépenses et des projections de solde futur.

Optimiser votre épargne de précaution

Constituez un matelas de sécurité équivalent à trois mois de dépenses sur un livret accessible immédiatement. Ce coussin financier vous protège des aléas et supprime le besoin de découvert dans la plupart des situations. Pour optimiser cette épargne, comparez les livrets réglementés disponibles : Livret A, LDDS, LEP pour les foyers modestes.

Simulez vos économies potentielles avec cet outil

Simulateur d’économies sur frais bancaires

Reprendre le contrôle de vos finances

Les frais bancaires ne constituent pas une fatalité. Entre réglementation stricte, concurrence accrue et outils numériques de suivi, vous disposez de tous les leviers pour réduire significativement votre facture bancaire. La clé réside dans une approche proactive : analyser régulièrement vos relevés, comparer systématiquement les offres, et n’hésiter jamais à négocier avec votre établissement.

Les incidents de paiement, le découvert non maîtrisé et les frais de succession représentent les postes les plus coûteux. En constituant une épargne de précaution et en choisissant une banque adaptée à votre profil, vous transformez votre relation bancaire d’une source de dépenses contraintes en un outil optimisé au service de vos projets financiers.

Explorez l’ensemble de nos ressources Expert Banque pour faire les meilleurs choix financiers.

Questions fréquentes sur les frais bancaires

Pour les clients standards, les commissions d’intervention sont plafonnées à 80 euros mensuels. Les clients en situation de fragilité financière bénéficient d’un plafond réduit à 20 euros par mois, soit quatre fois moins.

Non, les frais de tenue de compte ne sont pas obligatoires. Ils doivent être explicitement mentionnés dans votre convention de compte. De nombreuses banques en ligne proposent des comptes sans ces frais.

Absolument. Contactez d’abord votre conseiller par écrit. En cas de refus, saisissez le médiateur bancaire de votre établissement gratuitement. Cette démarche aboutit dans 70 % des cas à un remboursement partiel ou total.

Les frais de saisie-attribution varient entre 90 et 150 euros selon les banques. Ils s’ajoutent aux montants saisis. Votre compte doit obligatoirement conserver le solde bancaire insaisissable (SBI) de 607 euros.

Les frais bancaires sont ponctuels et liés à une opération spécifique. La cotisation bancaire désigne un abonnement mensuel ou annuel pour accéder à des services : carte, assurances, découvert autorisé.

Adressez une réclamation écrite à votre banque en exposant les faits et en joignant les justificatifs. La loi impose un délai de réponse de deux mois maximum. Documentez soigneusement chaque échange.

Oui, ces frais sont négociables car non réglementés. Comparez les grilles tarifaires de plusieurs établissements avant le décès si possible. Les écarts atteignent parfois 300 euros entre banques pour une succession identique.

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